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Une explication de La Fâtiha

 

    C’est par la formule << Au nom de Dieu, le Tout miséricorde, le Miséricordieux>> (Bismillâhi ar-Rahmâni ar-Rahîm) que débute la Fâtiha et par conséquent toutes les sourates du Coran. Ces deux Noms divins (Rahmân et Rahîm) mettent l’accent sur la Clémence du Dieu infiniment compatissant. Ils proviennent tous deux d’une même racine, la matrice (rahm), ce qui symbolise la <<tendresse>> du Créateur à l’égard de Ses créatures, l’un évoquant la transcendance et l’autre l’immanence. La Fâtiha continue par les louanges du <<Seigneur des univers>>. Ce pluriel manifeste la souveraineté illimitée du Créateur sur toutes choses, atomes, êtres humains, univers.

    La place des pronoms est emphatique : c’est Toi que nous adorons, c’est de Toi seul que nous implorons le secours. L’accent est mis, de la sorte, non seulement sur l’Unicité de Dieu, en lui-même, mais aussi sur la relation de l’homme avec Lui, l’Unique vers Qui se tourner, à Qui s’en remettre en toutes choses.

    C’est encore à Lui seul que s’adresse toute louange. Cette exigence se retrouve constamment dans le Coran (cf. XXXVII, 182 ; XXXIX, 75 ; XL, 64, 65, 66)*. Dans la dernière sourate citée, l’attention du croyant est appelée sur les bienfaits répandus par le Seigneur dans Sa Création et sur les merveilles que sont Ses signes avec, comme corollaire, l’obligation de se soumettre au <<Seigneurs des univers>>.

    La souveraineté du Jour de l’allégeance appartient aussi à Celui qui est miséricorde en Son Essence (ar-Rahmân) et qui fait miséricorde (ar-Rahîm). Comme le précise un commentaire  de Fakhr-ud-Dîn ar-Râzi :

                <<Le fait qu’il soit ar’Rahmân implique que Sa miséricorde inclut toute chose, en ce monde et en l’autre, et donc l’homme juste comme le pêcheur. Quant à l’attribut de rahîm, cela concerne Sa miséricorde à l’égard des croyants.

                 Ar-Rahmân est Celui qui donne quand on Lui demande, ar-Rahîm est Celui qui est insatisfait lorsqu’il ne lui est pas demandé de donner ; ar-Rahmân est concerné par la délivrance du Feu, et ar-Rahîm avec l’entrée au Paradis. >>

    De nombreuses prières évoquent ce double aspect de la Miséricorde divine, telle celle-ci, très répandue :

                <<Ô Dieu, Miséricordieux pour ce monde et pour l’autre, Toi qui déverse Ta Miséricorde sur tous les deux, fais-moi miséricorde dans mon besoin, une miséricorde qui se mette au-delà  du besoin de miséricorde de la part de Tout autre que Toi. >>

    Cette attente du Jugement dernier est la fervente signification eschatologique de la doctrine de l’Unité. L’homme ne peut s’attendre à aucun autre avenir que cette puissance embrassant toutes choses. Ce Jour ne fait pas l’objet d’arguments fastidieux ou de conjectures incertaines. Il existe, en tant que réalité : tribunal de l’humanité aux grandes assises, comprenant la scène humaine tout entière, éternisant toutes ses questions temporelles… Cette prédication du Prophète (Que Dieu lui accorde la Bénédiction et le Salut) lui attira les railleries des incroyants, qui ne pouvaient admettre que <<des ossements pourris>> puissent se revêtir d’immortalité. Mais pour la Communauté musulmane, c’est, bien entendu, la plus vivante espérance.

    C’est pourquoi la Fâtiha se termine par une prière de demande à Dieu :

<< Guide-nous dans le droit chemin, afin que nous n’encourions jamais Ton déplaisir. >>

    A la fin de la Fâtiha, l’orant dit : Amîn. S’il prie avec d’autres, il devra le prononcer en même temps que l’imâm qui dirige la salât.

    C’est la prière universelle de l’Islâm, l’équivalent du Pater noster dans le Christianisme : son importance est fondamentale : <<Tous les sens du Coran sont rassemblés dans la Fâtiha. C’est comme dans chaque rak’a était récité le Coran tout entier. >>

 

    Fakhr-ud-Dîn ar-Râzî décrit son déroulement en ces termes :

                << Ce verset est une ascension spirituelle pour les orants. Ainsi, il est dit : « louange à Dieu, Seigneur de l’Univers, Roi du Jour du Jugement ». C’est là pure louange. Puis : « C’est Toi que nous adorons, c’est de Toi que nous implorons l’assistance. » C’est une louange jointe à une demande. Puis : »Guide-nous dans le droit chemin »-et ainsi jusqu’à la fin. C’est pure demande. >>

     Remarques :

  • En dehors de l’office rituel (Salât), la Fâtiha est récitée pour implorer le pardon de Dieu :

« Ô Dieu, écoute notre prière et accepte-nous par le mystère de la Fâtiha » (et l’orant la récitera, puis lèvera les mains et dira  « J’implore le pardon de Dieu… »

  • Ou encore :

« Accepte-nous par le secret et la sacralité de la Fâtiha

  • On va réciter aussi la Fâtiha devant les tombes, les mausolées, en la dédiant à la mémoire de ceux qui ne sont plus (On ne prie jamais les saints, dans l’Islâm, mais on prie pour eux.)
  • Ajoutons que la Fâtiha est toujours récitée lors de la célébration du mariage, et fréquemment à l’occasion des engagements contractuels. 
 *XXXVII-182

*XXXIX-75 

*XL-64,65,66

 

 

 

 

 

 

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