Les cinq piliers de l’Islam
La profession de foi (shahada)
La vie du musulman requiert, outre la profession de foi qui la fonde et qui consiste à attester que << Point de divinité si ce n’est Dieu et Muhammad est l’Envoyé de Dieu >> en prononçant la formule << lâ ilâha illa-llâh Muhammad rasûlu-l-llâh >>, des pratiques rituelles prescrites par le Coran, et donc obligatoires, à savoir : la prière, le jeûne, la purification des biens et le pèlerinage.
La prière (salât)
C’est de prier cinq fois par jour. Elle est considérée comme un don de Dieu aux hommes, accordée au Prophète de l’Islam pour sa communauté lors de son ascension (al-mi’râj), au cours de laquelle il fut transporté jusqu’à la Présence divine (c’est le commentaire de ce voyage spirituel qui, on le sait, a inspiré la Divine Comédie de Dante).
La purification des biens (zakât)
C’est de s’acquitter de la zakât. Ce n’est ni une aumône, ni une charité, ni un impôt. C’est la remise volontaire mais obligatoire aux pauvres de la communauté de la partie des revenus en superflu des besoins immédiats, l’usure et la thésaurisation étant interdite. Chose caractéristique, le Coran parle en même temps de la célébration des offices et du paiement de la zakât. En donnant à ses frères une partie de ce que l’on reçoit, on sacralise la vie dans son aspect économique. C’est un devoir envers Dieu et les autres, et c’est une forme de prière.
Le jeûne (siyyâm)
Le jeûne, prescrit durant tout le neuvième mois lunaire du calendrier islamique (Ramadhan), est obligatoire à tout croyant parvenu à l’âge de la puberté, à moins d’empêchement majeure : malades, voyageurs, femmes enceintes ou nourrices, travailleurs effectuant des tâches pénibles, personnes âgées…Selon les cas, l’abstention du jeûne doit être compensée par des aumônes ou être remplacée par d’autres jours. La formulation de l’intention est nécessaire à sa validité. Depuis l’aube jusqu’à la nuit, toute nourriture, toute boisson, toute relation sexuelle sont interdites. Ce jeûne total, sans boire même une goutte d’eau, représente une dure ascèse, et pourtant, il est vécu dans la joie. C’est un temps sacré, durant lequel les cœurs se fortifient par cette offrande faite au Seigneur qui répand Sa grâce sur ceux qui demeurent patients dans les difficultés.
Le pèlerinage (hajj)
Le pèlerinage est obligatoire pour tout musulman ou toute musulmane en mesure de l’accomplir au moins une fois dans sa vie. Alors qu’en chrétienté il existe de nombreux lieux de pèlerinage-Lourdes, Saint-Jacques-de-Compostelle, Fatima, Chartres-, celui de l’Islam est unique. Les sanctuaires et les mausolées des saints ne font l’objet que de visites, respectueuses certes, mais où l’on s’adresse à Dieu sans intermédiaire. Le pèlerinage proprement dit doit être effectué durant le mois lunaire de dhû-l-hijja. Le petit pèlerinage (‘umra) peut être accompli n’importe quand et ne comporte pas tous les rites du << grand >> pèlerinage.
Des multitudes, chaque année plus nombreuses, viennent de tous les coins du monde témoigner de leur foi monothéiste en cette cité de la Mecque où se trouve le premier sanctuaire élevé par Abraham, Père de tous les croyants. Centre vers lequel convergent quotidiennement les prières d’un quart du genre humain, c’est aussi un symbole de l’Unité qui rassemble tous les adorateurs du Dieu Un, sans distinction de classes, de races, tous également vêtus d’humble cotonnade blanche implorant le pardon de leurs pêchés et offrant à Dieu l’épreuve des difficultés rencontrées.